Thaïlande Destination Culture

Vous ne le savez peut-être pas, mais la Bangkok Art Biennale est sûrement l’événement culturel le plus important de ces dix dernières années en Thaïlande.

A l’instar de villes comme Venise ou Berlin, qui ont su capitaliser sur l’art contemporain pour devenir des destinations phares du tourisme culturel dans le monde, Bangkok entend bien devenir l’une d’entre elles en lançant du 19 octobre 2018 au 3 février 2019, son premier festival international d’art contemporain, la Bangkok Art Biennale.

 

Ralf TOOTEN (Germany) ©Bangkok Art Biennale 2018
Ralf TOOTEN (Germany)
à Central World Siam Square One
© Bangkok Art Biennale 2018

Bangkok, une mégapole créative

Il faut dire que la capitale Thaïlandaise regroupe toutes les qualités qui peuvent faire d’elle la nouvelle capitale mondiale de l’Art Contemporain. Véritable « hub »de l’Asie, Bangkok est devenue en quelques années une destination incontournable pour de nombreux voyageurs. Elle est d’ailleurs régulièrement classée comme la ville la plus visitée au monde. Son architecture, véritable pont entre tradition et modernité, mais également sa culture ancestrale, son savoir-faire unique en matière d’artisanat, la jeunesse de sa population offrent, à Bangkok un terreau fertile à la créativité.

Elmgreen & Dragset (Germany) à East Asiatic Building © Bangkok Art Biennale 2018
Elmgreen & Dragset (Germany) à East Asiatic Building
© Bangkok Art Biennale 2018

75 artistes – 33 pays – 200 œuvres - 20 lieux d'exposition

Cette première biennale est l’occasion de mettre en lumière pas moins de 75 artistes dont 40 étrangers provenant de 33 pays. L’objectif est de rendre l’Art Contemporain accessible à tous en l’intégrant dans des lieux atypiques tels que des hôtels, des centres commerciaux ou même des temples.

« Beyond Bliss » le thème de cette biennale, est une invitation à l’exploration du Bonheur sous toutes ses formes. Dans un monde en pleine évolution où domine souvent un sentiment d’insécurité, une certaine méfiance, la quête du bonheur peut emprunter différentes voies.

Les 200 œuvres déployés dans tout Bangkok forme un véritable voyage introspectif qui invite le visiteur à se questionner sur sa propre définition du bonheur et le chemin à parcourir pour y accéder.

La BAB BOX, centre névralgique de la Bangkok Art Biennale

Situé en plein cœur de Bangkok, dans le nouveau complexe immobilier One Bangkok à côté du Lumphini Park , la BAB BOX est un centre de ressources et d’exposition créé spécialement pour l’événement. Vous pourrez y trouver des informations sur les œuvres d’art ainsi que des guides et cartes des lieux accueillant la manifestation. En outre, plus de 10 œuvres majeures y seront exposées dont la fameuse « Big Pagoda » de Jean-Michel Basquiat.

BAB BOX BANGKOK

Bangkok aimante les artistes internationaux

Certains artistes internationaux de renom ont fait le déplacement. Parmi eux on peut notamment citer Marina Abramović, la performeuse Serbe mondialement connue. Elle présente à la BAB BOX des sculptures luminescentes invitant le public à entreprendre un chemin de guérison entre thérapie et méditation.

Marina AbramoviĆ (Yugoslavia) à la BAB BOX ©Bangkok Art Biennale 2018
Marina AbramoviĆ (Yugoslavia) à la BAB BOX
©Bangkok Art Biennale 2018

Également présent à la BAB BOX, le célèbre quatuor russe de AES + F propose aux visiteurs un support vidéo intitulé « Inverso Mundus » . Il met en perspective les chaînes du pouvoir asservissant les travailleurs en leur infligeant supplices et châtiments dans un monde cruel peuplé d’animaux fantasmagoriques. L’insoutenable réalité pavant le chemin du bonheur ultime.

Autre pointure sur la scène mondiale de l’art contemporain, le plasticien néo-pop japonais Yashimoto Nara connu pour ses sculptures enfantines, présente également à la BAB BOX deux sculptures monumentales « Your Dog » (2017) et « Miss Forest / Thinker » (2016).

Quand à sa compatriote Yayoi Kusama, c’est au SIAM PARAGON (Central World Fashion Gallery 3 ) qu’elle présente ses immenses citrouilles roses à pois ou rouge et argent. Doit-on y voir une allégorie à l’éphémérité du matérialisme ?

Yayoi Kusama (Japan) à Beacon 3, Central World Fashion Gallery 3 ©Bangkok Art Biennale 2018
Yayoi Kusama (Japan)
à Beacon 3, Central World Fashion Gallery 3
©Bangkok Art Biennale 2018

L’artiste français Aurel est également présent à ce grand rendez-vous. Son œuvre intitulée « Lost Dog Ma Long » est un immense bull terrier couvert de feuille d’or et assis devant le Mandarin Oriental. Le chien aurait perdu le chemin du Bonheur…

Aurel (France) au Mandarin Oriental
Aurel (France) au Mandarin Oriental
©Bangkok Art Biennale 2018

La convergence de l'Art et du Sacré dans les temples

Le plus étonnant de cette biennale est peut-être le fait d’avoir investie certains temples majeurs de la capitale. Un environnement remplie de sereinement et de mysticisme qui renforcerait la faculté du spectateur à se concentrer et à méditer sur sa propre recherche du bonheur.

Ainsi au WAT PHO l‘artiste chinois Huang Yong Ping a installé ses sculptures monumentales et Jitsing Somboon artiste Thaïlandais et créateur de mode, a entrepris de concevoir des vêtements blancs dans le cadre d’une œuvre intitulée «Faithway » (chemin de la foi).

Il invite les visiteurs à les porter pour renforcer le caractère sacré des processions silencieuses défilant devant le grand Bouddha couché. 

Jitsing Somboon (Thailand) au Wat Pho ©Bangkok Art Biennale 2018
Jitsing Somboon (Thailand) au Wat Pho
©Bangkok Art Biennale 2018

Vous pourrez également y admirer les fresques Sino-Siamoises, de la jeune et prometteuse artiste Thaïlandaise Pannaphan Yodmane. Cette experte de l’art traditionnel mêle avec ingéniosité et audace, les matériaux et les techniques en connectant la philosophie bouddhistes avec l’histoire de l’art.

Pannaphan Yodmane (Thailand) au Wat Pho ©Bangkok Art Biennale 2018
Pannaphan Yodmane (Thailand) au Wat Pho
©Bangkok Art Biennale 2018

Au WAT PRAYUN WONGSAWAT, le très célèbre artiste Thaïlandais Kamol Phaosavasdi propose une immersion dans l’histoire locale avec « Sweet Boundary in the light tube » . Egalement professeur titulaire à la prestigieuse Faculté des Beaux-Arts et Arts appliqués de l’Université Chulalongkorn, son œuvre retrace l’histoire de la clôture en fer du temple construit par RAMA III qui est constituée de haches, de lances et d’épées.

C’est aussi au WAT PRAYUN WONGSAWAT, que vous pourrez ressentir votre propre fragilité en marchant sur quelques 100 000 crânes en céramique. Cette œuvre intitulée « WHAT WILL WE LEAVE BEHIND ? » (Que laisserons-nous derrière ?) est une expérience présentée par l’artiste Thaïlandais Nino Sarabutra.

Au WAT ARUN, vous pouvez également admirer les œuvres de Sakarin Krue-On qui nous propose une plongée dans l’histoire avec plusieurs supports vidéos sur le thème des géants combattants sur les quais de Tha Tien.

A noter : Tha Tien signifie Quai Rasé. Son nom aurait été inspiré par ces combats.

Sakarin Krue-On (Thailand) au Wat Arun / Wat Pho © Bangkok Art Biennale 2018
Sakarin Krue-On (Thailand)
au Wat Arun / Wat Pho
© Bangkok Art Biennale 2018

L’artiste Thaï Komkrit Tepthian, mondialement connu pour son travail intégrant des briques de LEGO, propose également au WAT ARUN, deux sculptures en fibre de verre de plus de 3 mètres de haut, intitulées « Giant Twins ».

Komkrit Tepthian (Thailand) au Wat Arun ©Bangkok Art Biennale 2018
Komkrit Tepthian (Thailand)
au Wat Arun
©Bangkok Art Biennale 2018

L'Art et la réalité

Cette Bangkok Art Biennale est aussi l’occasion pour certains artistes d’aborder des sujets plus graves en s’exonérant de certains tabous pourtant parfois très marqués dans la société Thaïlandaise. Parmi eux il y a notamment Chumpon Apisuk qui présente dans sa vidéo « I Have Dreams », un portrait des travailleuses du sex, ou encore l’artiste controversé Jakkai Siributr qui aborde dans une exposition et un film le génocide des Rohingya au Myanmar.

Jakkai Siributr (Thailand) au Bangkok Art and Culture Centre © Bangkok Art Biennale 2018
Jakkai Siributr (Thailand)
au Bangkok Art and Culture Centre
© Bangkok Art Biennale 2018

Mes trois coups de cœur

Cette biennale est tellement riche et diversifiée qu’il est difficile de tout visiter. Et si je devais vous conseiller trois artistes à voir absolument, il serait périlleux de me baser sur la qualité d’une oeuvre ou sur la notoriété d’un l’artiste. En effet, l’art contemporain a ceci d’exceptionnel, c’est qu’il offre à chacun le choix de son interprétation. A chacun de se faire son propre avis.
Personnellement, trois artistes ou collectifs m’ont particulièrement interpellés. 

N’hésitez pas à me faire part de vos avis et coups de cœur dans la partie « commentaires » à la fin de cet article (((-; 

Choi Jeong Hwa (Korea)
© Bangkok Art Biennale 2018
Collectif Hooptam (Laos-Thaï) à la BAB BOX © Bangkok Art Biennale 2018
© Bangkok Art Biennale 2018
Sornchai Phongs (Thailand)
© Bangkok Art Biennale 2018

Choi Jeong Hwa (Korea) 
BAB Box, One Bangkok
Central Embassy
The EmQuartier
Nai Lert Park Heritage Home
The Peninsula Hotel
Siam Center
Siam Discovery

Sornchai Phongs (Thailand)

Bangkok Art and Culture Centre

Si vous passez à Bangkok d’ici le 3 février 2019, je ne peux que vous encourager à ouvrir les yeux lors de vos visites pour admirer ces quelques 200 œuvres réparties dans toute la ville.

Pour les autres, pas de panique ; Biennale volant dire « tous les deux ans », rendez-vous en 2020 pour la seconde édition de la Bangkok Art Biennale.

EN SAVOIR PLUS :

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