Montpellier, capitale du sport, est une véritable pépinière de champions. Parmi eux, il y en a un que nous suivons avec un intérêt particulier. Et pour cause, son domaine d’excellence c’est le Muay Thaï, le sport national Thaïlandais. C’est donc dans notre ville, et avant son départ pour Bangkok où l’attend un des combats les plus importants de sa carrière, que nous avons eu l’immense honneur de rencontrer le prince du Muay Thaï, en route vers son sacre…Entretien avec Jimmy Vienot

Jimmy Viennot Tourisme-en asie.com : Bonjour Jimmy, comment vas-tu à la veille de ce grand combat ?

Jimmy Vienot : Très bien.

Tourisme-en asie.com : Tu es Champion de France, multiple Champion d’Europe et deux fois Champion du Monde WPMF et WBC ainsi que l’un des meilleurs fighters du GLORY. Tu as même survolé, il y a quelques semaines à Pragues, le dernier championnat d’Europe IFMA durant lequel tu as d’ailleurs été consacré meilleur combattant du tournoi…Cela ne te donne-t-il pas une certaine assurance pour ton prochain combat du 23 août 2018 ?

Jimmy Vienot : Si bien sûr, mais pour moi chaque combat est important. Je m’entraîne très dur, surtout pour celui du 23 août. Il faut savoir qu’en Muay Thaï, il existe trois ceintures mondiales très importantes. J’en ai deux. Le 23 août à Bangkok, je combattrai pour remporter la troisième, la ceinture de la WMC*. Si je gagne, ce serait du jamais vu, surtout à mon âge, à 23 ans, cela serait unique…Remporter cette victoire me ferait un peu rentrer dans la légende du Muay Thaï. Je viens de remporter les championnat d’Europe haut la main, donc ça va, je suis bien dedans, je suis bien préparé.

*La WMC est l’autorité qui gère le Muay Thaï en Thaïlande et à travers le monde. Elle a été créée par résolution parlementaire et incorporé par le gouvernement royal thaï et soumise au ministère des sports en Thaïlande. Elle travaille conjointement avec les autorités sportives de tous les pays membres à travers le monde pour gérer tous les aspects de l’art et du sport qu’est le Muay Thaï.

Tourisme-en asie.com : Combattre en Thaïlande, face à un Thaïlandais, dans un sport Thaïlandais, cela ne te met-il pas une pression supplémentaire ?

Entretien avec Jimmy Viennot Jimmy Vienot : Non j’ai fait ça plusieurs fois, j’ai l’habitude. Mes deux derniers titres mondiaux je les ai gagnés à Bangkok et le deuxième c’était au Rajadamnern Boxing Stadium face à un Thaïlandais. C’est une bonne pression. Pas de stress.

Tourisme-en asie.com : As-tu déjà combattu contre celui que tu affronteras le 23 août pour ce troisième titre mondial, le champion en titre, Sorgraw Petchyindee .

Jimmy Vienot : Non. Jamais.

Tourisme-en asie.com : A ton avis, quelle qualité devras-tu mettre en avant pour pouvoir le battre ?

Jimmy Vienot : Je pense qu’il faudra tout simplement enclencher la marche avant. Remiser les coups qu’il me donne et être actif dans l’offensive. Le combat ayant lieu en Thaïlande, je sais que je n’aurai pas le droit à l’erreur, il faut que je fasse la différence dès le début.

Tourisme-en asie.com : Quand deux champions aussi titrés se rencontrent, qu’est-ce qui peut faire la différence ?

Jimmy Vienot : C’est un tout. Celui qui arrivera à être le meilleur autant sur l’endurance que sur la force. Celui qui fera les bons choix durant le combat. Il y a beaucoup de choses qui rentrent en compte, mais ça je le verrai sur le ring directement.

Tourisme-en asie.com :Tu as déclaré que le combattant qui t’avait donné le plus de fil à retordre était Chanajon. Comment perçois-tu Sorgraw Petchyindee par rapport à Chanajon ?

Jimmy Vienot : Il va être moins dur que Chanajon. Chanajon quand tu le tapes, c’est dur, ça fait mal, c’est du béton. D’ailleurs ce boxeur là, je vais le reboxer bientôt, pour la troisième fois.

Tourisme-en asie.com : Dans l’optique d’un tel combat, comment te prépares-tu ? Est-ce que cela nécessite une préparation spécifique ?

Best of Siam XIIIJimmy Vienot : Je continue mon entraînement normalement, je fais pareil pour chaque combat. Je m’entraîne cinq heures par jour avec mon entraîneur Désiré Thibault au Star Boxing Montpellier. Je ne fais que ça. C’est beaucoup de sacrifice et d’abnégation mais ça marche, alors pourquoi faire autre chose ?

Tourisme-en asie.com : Est-ce que tu n’as jamais été tenté de t’installer définitivement en Thaïlande pour y exercer ton art ?

Jimmy Vienot : Non, car je réussi tout en restant ici. Cependant, j’y retourne régulièrement pour m’y entraîner, deux ou trois fois par an, depuis l’âge de quinze ans. Maintenant, un peu moins car je boxe partout dans le monde, je voyage beaucoup.

Tourisme-en asie.com : Quelle est, selon toi, ta plus grande force ?

Jimmy Vienot : La détermination et la puissance. Je ne lâche rien.

Tourisme-en asie.com : Le Muay Thaï peut s’avérer particulièrement dangereux, n’éprouves-tu pas, des fois, une certaine appréhension avant de monter sur le weti (ring) ?

Jimmy Vienot : Avec l’expérience, j’arrive à mieux connaître et appréhender mon état physique avant le combat…Des fois tu peux être un peu plus fatigué à force d’attendre ou parce que le régime a été un peu trop dur, mais il ne faut pas penser aux mauvais coups. Si tu en prends, tant pis. Si tu n’en prends pas, tant mieux.

Tourisme-en asie.com : En Thaïlande, les nakmuays sont définis par un style et une attitude en fonction de leur manière de boxer. Selon toi, quel type de combattant es-tu ?

Jimmy Vienot : Je suis plutôt Muay Fimeu* …ou plutôt un mix entre Muay Fimeu, Muay Mat et Muay Pam.

*En fonction de leurs armes de prédilection, chaque combattant Muay Thaï appelé « nakmuay », arbore un style qui définit en quelque sorte sa stratégie de boxeur. A cela, s’ajoute également son attitude et sa façon de bouger sur le ring. Les styles de Muay les plus connus sont :

  • Muay Khao, techniques de genoux
  • Muay Mat, techniques de poings
  • Muay Tae, techniques de jambes
  • Muay Sok, techniques de coudes
  • Muay Pam, techniques de corps à corps
  • Muay Fimeu, maîtrise toutes les techniques à la perfection

Tourisme-en asie.com : Comme il est de tradition en Thaïlande, est-ce que tu fais le wai khru (hommage au maître entraîneur) et le ram muay (danse « rituelle »), avant chaque combat, même si ce dernier se déroule dans un autre pays ?

Jimmy Vienot : Oui bien sûr. Cela fait notamment parti des règles de la fédération. Ne pas les respecter, c’est s’exposer à des pénalités.

Tourisme-en asie.com : Comment les Thaïlandais perçoivent-t-il ta réussite dans le Muay Thaï ?

Jimmy Vienot : Je suis perçu comme un prince là-bas. Au début, il y avait un peu de jalousie, mais comme j’ai battu la plupart des combattants Thaïlandais, maintenant ils me connaissent et me respectent.

Tourisme-en asie.com : Tu vas régulièrement en Thaïlande, depuis plusieurs années, qu’est-ce qu’il te plaît le plus dans ce pays ?

Jimmy Vienot : Sans hésité, la nourriture : j’adore…Le Pad Thaï, les soupes (Tom Yam, Tom Ka Khaï…), je pourrais en manger pendant des mois. Par contre, sans piment. Et puis, c’est très bon pour mon régime.

Tourisme-en asie.com : Qu’est-ce qui te déplaît le plus en Thaïlande ?

Jimmy Vienot : Là aussi, sans hésité, ce qui me saoule le plus ce sont les mouches et les moustiques. Ça te pique de partout…T’es obligé de mettre des produits…C’est bof.

Tourisme-en asie.com : Quel est ton endroit favori en Thaïlande ?

Jimmy Vienot : Le sud. Les îles côté Krabi, ou même Koh Samui.

Tourisme-en asie.com : Ton prochain combat en France, c’est pour quand ?

Jimmy Vienot : Le 22 septembre à Aix en Provence. Après, et jusqu’en décembre, je n’aurai que des combats sur Paris.

Tourisme-en asie.com : Merci Jimmy d’avoir répondu à nos questions et bien sûr, nous te disons Chokh dī pour le 23 août.

Nous avec Jimmy Viennot

Cet article a 2 commentaires

  1. merci ma cherie pour cette premiere c »etait pas evident et franchement du bon boulot !!!!!!

    1. Quand c’est un plaisir …le boulot est agréable (((-;

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fermer le menu