Après un mois passé en Thaïlande, nous voilà à Bangkok pour y fêter le Songkran. Cette fête incontournable de l’Asie, a lieu tous les ans au mois d’avril. Que ce soit en Thaïlande, en Birmanie, au Laos ou encore au Cambodge, le Songkran marque le nouvel an lunaire du calendrier bouddhique.
C’est à l’apogée de la saison sèche, au moment où les températures atteignent des sommets, que la fête de l’eau invite chacun à faire acte de purification et se souhaiter une belle et heureuse année.

Voilà plusieurs années que nous souhaitions fêter cet événement et participer à ces batailles d’eau géantes qui attirent chaque année des millions de touristes.

Bon, pour tout vous dire et après l’avoir testé, je ne sais pas si finalement Bangkok est la meilleure option pour fêter le Songkran. Pour vous faire votre propre idée, voici notre retour d’expérience de quatre jours de folie.

Bangkok nous arrivons pour le Songkran

Nous sommes arrivés à Bangkok, deux jours avant le début des festivités. Au mois d’avril, Big Mango peut s’avérer difficile à vivre. La chaleur y est accablante et la pollution omini-présente. Avec l’approche du Songkran, la ville absorbe un flot incessant de touristes et de familles se rassemblant pour l’occasion.

A noter : si vous souhaitez fêter le Songkran à Bangkok, pensez à réserver votre hôtel ainsi que vos vols domestiques et internationaux à l’avance.

Avant la fête le recueillement

Le premier jour du Songkran, alors que les rayons du soleil commençaient tout juste à poindre, j’ai décidé de me rendre au temple de l’Aube, le Wat Arun. De nombreux stands étaient installés pour l’occasion. Médailles et amulettes, boissons fraîches, street food traditionnelle, souvenirs en tout genre…Une ambiance festive teintée d’une atmosphère solennelle et respectueuse.

Une grande tente disposée au milieu des autres stands semblait être le centre de toutes les attentions. Richement fleuries, des statues de bouddhas y étaient disposées de sorte à former un parcours circulaire.

Après avoir observé la scène, je me suis dirigé vers un stand où des femmes souriantes et accueillantes m’ont tendu, en échange d’un don de quelques bahts, un petit set composé de deux flacon en plastique remplis d’eau, d’une couronne de fleurs jaunes ainsi que du programme des réjouissances de la journée.

Je suis ensuite allée vers la tente aux Bouddhas. La file d’attente était déjà bien fournie. Après avoir enlevé mes chaussures, j’ai salué le Bouddha central avant de commencer à verser de l’eau sur toutes les statues en suivant la procession circulaire.

Une matinée de Songkran au Wat Arun

Cette cérémonie de purification symbolise le nettoyage de l’esprit. En versant de l’eau sur Bouddha, vous nettoyer le passé, les contrariétés de la vie, pour commencer une nouvelle année sereine et prolifique.

Autour de cet espace de recueillement, des enfants munis de leurs pistolets, s’amusent à arroser les passants. Les touristes ne sont pas encore arrivés. J’ai l’impression de vivre un moment privilégié. L’ambiance est conviviale et les Thaï sont toujours prêts à vous faire partager leurs traditions.

Une matinée de Songkran au Wat Arun

Après cette première expérience, je décide d’emprunter la petite rue située derrière le Wat Arun. Je traverse des canaux bordés de petites maisons traditionnelles et je débouche sur une grande artère plutôt calme à cette heure matinale. J’aperçois un panneau m’indiquant la direction d’un temple. Il faut dire qu’avec ses quelques trois cents temples, il y a toujours un trésor caché à Bangkok.

Un temple à Bangkok

J’arrive dans une grande cours déserte dans laquelle trois chedis d’un blanc immaculé. J’aperçois l’entrée du temple. Je décide de m’y arrêter quelques minutes. Une famille est en train de procéder aux rituels avec le moine installé sur une petite estrade. Je m’assoies discrètement et je profite du calme et de la sérénité des lieux …Ainsi que du ventilateur ((- ;

Après quelques minutes, le moine me fait un signe. Encouragée par la petite famille souriante, je m’approche. Ils me demandent de participer avec eux à la cérémonie du purification. Ils me tendent un petit vase rempli d’eau et m’invite à la verser dans les mains du moine. Il y a des moments où les barrières de la langues n’ont plus lieu d’être.
Une fois l’eau versé, le moine prononce quelques mantras et m’arrose copieusement sous le regard amusé de mes compagnons improvisés. Après avoir échangé quelques salutations et pris des photos pour immortaliser le moment, je repars le cœur léger et des souvenirs plein la tête.

Une très belle rencontre dans un temple de Bangkok

Dans la rue, l’ambiance est devenue plus festive. Une parade composée de voitures décorées, de chars, de musiciens et de belles danseuses en costume traditionnelle, s’apprête à partir.
Des familles se sont installées au bord de la route pour déjeuner.

Il est 10h et le thermomètre commence à grimper sérieusement. Je décide de reprendre le chemin du Wat Arun pour traverser le Chao Phraya et rejoindre ThaTien.

Méditation une matinée de Songkran sur le Chao Phraya

Après une petite pause rafraîchissante à l’hôtel, je pars visiter le marché qui s’est installé à côté du Wat Pho. De nombreux stands de street food traditionnelle en provenance des quatre coins du pays, d’artisans tisserands, d’herboristes aux baumes miraculeux, de vendeurs d’amulettes et de statues religieuses… ont élu domicile sous de grandes tentes pouvant également faire office de sauna ((- ;

Je prends quelques boulettes frites et des boissons in-identifiables autant à l’odeur qu’au goût (du jus de Chrysanthèmes ?) , puis je retourne déguster le tout à l’hôtel situé juste à côté.

Vers 16h, nous décidons de partir du côté de Khao San Road. Même si les autorités ont cette année limité les festivités en raison du proche couronnement du Roi, Khao San a la réputation d’être un des centres névralgiques des festivités nocturnes du Songkran.
Nous avons pris soin d’emballer toutes nos affaires dans des sacs plastiques et pris de quoi se changer au cas où.

Nous empruntons un tuk tuk et après avoir négocié notre course (impératif avec les tuk tuk ((-;) , nous partons à vive allure dans les ruelles encombrées de Bangkok. Nous croisons plusieurs véhicules et ne manquons pas de nous faire arroser entre deux voitures. Notre chauffeur est d’humeur joyeuse. Il monte le son et décide de faire la course avec un de ses collègues. Nos rires sont teintés d’un soupçon d’inquiétude. Nous sommes heureux d’arriver à proximité de Khao San. Notre chauffeur nous indique qu’il ne peut pas aller plus loin, et nous dépose à quelques mètres de l’entrée de la rue.

Songkran à Khao San Road : la folie !!!

Nous entendons les « boum boum » des sonos tonitruantes. La foule est d’un seul coût devenu compact. Une marée humaine semble prendre le même chemin que nous. A l’entrée de Khao San, des militaires essaient tant bien que mal de canaliser la foule. Des hauts parleurs tentent de diffuser des consignes de sécurité au milieu d’un capharnaüm hallucinant.
Nous nous engouffrons à petits pas, serrés les uns aux autres, dans cette artère mythique de la capitale Thaïlandaise. Nous prenons un premier seau d’eau, puis un deuxième, nous sommes la cible des tireurs installés sur les promontoires disposés tout le long de la rue.
Après dix mètres parcourus en vingt minutes (!), nous sommes trempés à tordre.
Les Happy Songkran et Sawadee Pii Mai raisonnent à chaque nouvel assaut.

Nous arrivons à nous extirper de cette foule délirante en empruntant un petit Soi plus tranquille. Nous nous posons tranquillement dans un bar où chacun essaie de sécher ses affaires dégoulinantes.

Cette première expérience du Songkran en mode fiesta, nous laisse dubitatifs. Bien que l’ambiance soit plutôt festive et bon enfant, il n’est pas évident de profiter du moment tant la foule est pressante et compacte. L’alcool coule à flot et aucune limite ne semble être de mise. Donc si vous êtes agoraphobe ou claustro, passez votre chemin. Je déconseille également de vous embarquer dans Khao San à cette époque avec des enfants. Après un repas pris au sec, nous décidons de rentrer à l’hôtel.

Une matinée de Songkran au Wat Pho

Le lendemain matin, je pars faire un tour du côté du Wat Pho. Etant logés juste à côté, je prends toujours plaisir à visiter ce haut lieu de la culture Bouddhiste dès les premières lueurs du jour. Le temple est désert. Quelques fidèles sont venus se faire bénir et verser de l’eau sur Bouddha.  J’en profite pour faire de même.

Après un petit tour au marché local, nous décidons de partir dans le centre moderne de Bangkok, du côté de Siam. Nous nous réfugions au MBK pour y faire quelques emplettes et profiter de l’air climatisée. Dehors la chaleur est accablante.

Vers 17h, nous empruntons le MRT pour nous rendre au Talat Rot Fai Ratchada. Nous avions découvert ce marché nocturne l’année dernière et l’endroit nous avait vraiment plu.
Le problème est qu’en période de Songkran, il y a du monde, beaucoup de monde …Partout !
Notre balade au Talat Rot Fai devint vite un calvaire. Impossible de circuler dans les allées.
Nous avons décidé de prendre un plat du crustacés…Bof.

Le plateau de crustacés...Plus beau , que bon ))-:

C’est donc un peu frustrés que nous décidons de repartir dans notre quartier, plus paisible, de Tha Tien. Cette année nous avons choisi de privilégier les transports en commun, ce qui fut plutôt une bonne idée au regard des embouteillages monstres encore plus importants en cette période de fête.

Par contre, il semble que nous n’étions pas les seuls à avoir eu cette excellente idée. Les couloirs blindés du MRT détrempés ne furent pas de tout repos ((- ;
Nous devions faire un changement pour emprunter la Skyline. Lorsque nous sommes sortis du MRT, la fête battait son plein sur les grandes avenues commerciales de Big Mango.
Imaginez un passage piéton où de chaque côté, environ 500 personnes attendent de traverser un pistolet à eau rechargé à la main…Le feu passe au rouge. Nous nous laissons emportés en tâchant de nous frayer un chemin dans ce qui est devenu un immense champs de bataille à ciel ouvert.

La chaussée est détrempée. Nous devons nous accrocher pour ne pas risquer de tomber. Un policier me vient en aide et m’accompagne jusqu’à l’entrée de la station de Sky Train. Nous grimpons au dessus de cette foule déchaînée et le spectacle vu d’en haut est tout simplement hallucinant. Des millions de personne convergent vers le carrefour en s’arrosant par tout moyen possible !
Exténués, nous rejoignons l’embarcadère pour emprunter la dernière navette du soir qui nous ramènera à notre hôtel. Bercés par la houle du fleuve, nous profitons du spectacle féerique des jeux de lumières se reflétant sur l’eau.

Le lendemain, pour notre dernière soirée à Bangkok, nous décidons de passer la soirée au Adhere Blues Bar non loin de Rambuttri.
Nous passerons une soirée très sympathique entourés de familles Thaï et d’artistes en tout genre venus célébrer ensemble ce moment de fête. Quelques habitués avaient décidé d’installer une poste d’arrosage au bord de la route. Tout véhicule, ouvert ou fermé, avait le droit à un nettoyage complet à chaque passage. En fin de soirée, nous avons eu la joie de subir le même sort alors que notre tuk tuk nous ramenait à l’hôtel en essayant, tant bien que mal, de se frayer un chemin.

En résumé ...

Malgré une expérience un peu mitigée, ce Songkran fut mémorable.
J’ai apprécié tous ces moments dans les temples le matin, les sourires bienveillants et l’ambiance conviviale. Par contre, les soirées furent plus mouvementées, et parfois un peu angoissantes. La foule, les voitures, l’alcool peuvent vite devenir ingérables…Au final, je pense que pour vivre cette fête de manière un peu plus sereine, Bangkok n’est pas le lieu idéal, même si cela reste une expérience à part entière !

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